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L'Unité face à la barbarie

Message du groupe socialiste lors du Conseil municipal de Châlons-en-Champagne du 19 novembre 2015 au sujet des attentats qui ont touchés notre pays vendredi 13 novembre 2015

L'Unité face à la barbarie !

Au nom de notre groupe municipal «  Un nouveau souffle pour Châlons » je tiens à prendre ici la parole dans cette auguste assemblée car la parole est une aide souvent utile non pas seulement pour dire mais aussi pour soigner les maux auxquels elle succède hélas. Il faut parler de ce qui s'est passé depuis vendredi 13 novembre 2015 à Paris non pas pour seulement redire notre sidération et notre effroi devant ces crimes inqualifiables qui ont hélas ensanglanté notre Capitale mais surtout pour dire que ces attentats nous ont atteints, tous et toutes , dans notre âme et dans nos corps. Il faut le dire.

Les morts victimes de ces odieux attentats doivent rester dans notre souvenir le plus cher, nous aussi, survivants de ce drame, nous nous devons de prendre conscience de nous aussi comme des êtres agressés, meurtris, violentés. Nous fûmes tous et toutes victimes de ces assassinats lâches et odieux, en tuant nos jeunes compatriotes, les criminels ont tenté de nous tuer aussi. Nous sommes en deuil, tous et toutes, nous souffrons, nous avons souffert et nous souffrirons hélas encore tant ces crimes ne s'arrêteront pas si vite que d'aucuns bonimenteurs nous en laissent accroire.. Je ne vous parlerai pas de la détresse profonde de nos jeunes, de nos jeunes lycéens, de nos jeunes étudiants qui se posent désormais dans les plus vives angoisses des questions existentielles et envers qui nous avons des devoirs impérieux, parmi lesquels le premier est de les consoler, de les aider à penser, de leur permettre de reprendre le sens de l'espérance.

J'ose ici croire que nul ne songe à s'en affranchir, nous sommes responsables de notre jeunesse donc de la démocratie dont nous sommes toujours les acteurs parmi les plus engagés. J'ose croire que nulle diatribe, nulle véhémence, nulle exploitation démagogique ne verra le jour dans cette enceinte. Nul réquisitoire, nulle mise en accusation, nulle invective : le temps à partager ensemble est un temps de deuil, de recueillement, de guérison pour toute la Nation heurtée, blessée par des mains criminels. Soyons dignes, non pas seulement pour nous-mêmes mais pour ceux  et celles dont nous avons la charge. Nous devons prendre aujourd'hui la mesure de l'ampleur de cette souffrance infligée à la Nation toute entière et de ce que nous avons du travail pour en atténuer les symptômes, les plaies, les traumatismes. Nous avons du travail, au lieu de polémiquer comme des animaux enragés, notre travail consiste à prendre le temps d'expliquer pourquoi nous souffrons tous, pourquoi nous souffrirons encore et pourquoi nous allons guérir ensemble. Il convient qu'ici à Châlons chacun mesure bien qu'il est responsable de tous les autres et que nos blessures affectives, psychologiques ne s'estomperont qu'unis, dans le respect, la confiance  l'amour et la recherche de la vérité et de la justice. C'est le temps du deuil, c'est important, c'est fondamental pour reprendre le goût de vivre , de vivre ensemble, en nous aimant les uns les autres. Je sais que peut-être certains sourient et raillent mais la République c'est aussi et d'abord l'amour de soi et des autres, le respect de soi et des autres, la construction de soi et des autres. Bref notre République meurtrie reste à bâtir. Si nous ne savions pas en être dignes, nous serions maudits, misérables et peu différents de nos agresseurs. Pour que les blessures silencieuses s'estompent, il nous faut nous consoler, nous aimer, nous unir. Sinon nos agresseurs auront gagné. Ce n'est que le temps sacré du deuil, des hommages et de la compassion active qui donne sens au monde des vivants. Si nous n'en étions pas à la hauteur, nous ne mériterions pas d'être écoutés par nos compatriotes, les jeunes et les moins jeunes, qui vous le savez se détournent souvent de la chose publique pour moins que ça. Soyons dignes enfin de ceux et de celles  qui ne revivront que dans nos coeurs , soyons dignes des survivants qui vivent  la souffrance et des incompréhensions dans leurs coeurs, soyons unis, non pas comme des moutons bêlants mais comme des frères et soeurs d'une République qui apaise, qui nourrit, qui fortifie et qui console .

Après ce temps long où il nous faudra être patient, prudent, respectueux et utiles à l'affermissement du sentiment républicain, viendra le temps de la justice et de la punition. Rendons hommages à nos morts, glorifions ceux et celles qui luttent pour le bien commun chaque jour à leurs risques et périls, consolons ceux qui souffrent et guérissons cette souffrance par des mots et des actions d'amour. La République c'est aussi l'amour profond de ses prochains, de ses compatriotes. Malheur à ceux qui diviseront, qui aboieront, qui fulmineront : ils seront dans l'erreur. L'union des coeurs et la concorde des esprits relèveront notre Nation martyrisée plus sûrement que des mots stériles, des paroles accusatrices, des postures d' accusateur public. «  Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » comme aimait à le dire Jean de la Fontaine. Humilité, compassion, deuil .

Après , c'est une autre histoire , mais  elle n'a pas sa place ici, pas maintenant. Sachons nous aimer et nous rendrons la République invincible, ici et maintenant et pour toujours , tant que le souffle du peuple de France irriguera son coeur. De grâce chers et chères collègues, soyons dignes, je sais pouvoir compter en vous sur cette humanité qui nous honore et qui nous lie aux défunts. Honorons nos défunts, vivons dignes et aimons nous. Les échéances électorales ne sont que misère et vanité. Nos 130 morts nous regardent .

 

Je vous remercie de votre écoute.

Rudy NAMUR - Carole JOUSSIER - Alain GOZE - Philippe COMBY - Martine THIBERT

 

Discours écrit et lu par Philippe COMBY

Publié le